Origine : Orléanais (Blésois)
Année de l'arrangement : 1982

 

Le Roi Renaud


Quand Renaud de la guerre vint,
Portant ses tripes dans ses mains,
Sa mère à la fenêtre en haut,
Dit : voici v'nir mon fils Renaud !

 

2.
« Renaud, Renaud, réjouis-toi !
Ta femme est accouchée d'un roi !
— Ni d'ma femme, ni de mon fils,
Mon cœur ne peut se réjouir ! »

 

3.
« Qu'on me fasse vite un lit blanc,
Pour que je m'y couche dedans. »
Et quand il fut mis dans le lit,
Pauvre Renaud rendit l'esprit.

 

4.
« — Or, Dites-moi, mère, m'amie,
Qu'est-c' que j'entends sonner ici ?
— Ma fill', ce sont des processions
Qui sortent pour les Rogations!

 

5.
— Or, Dites-moi, mère, m'amie,
Qu'est-c' que j'entends cogner ici ?
— Ma fill', ce sont les charpentiers
Qui raccommodent nos greniers !

 

6.
— Or, Dites-moi, mère, m'amie,
Qu'est-c' que j'entends chanter ici ?
— Ma fill', ce sont des processions
Qu'on fait autour de nos maisons !

 

7.
— Or, Dites-moi, mère, m'amie,
Quell' robe prendrai-je aujourd'hui ?
— Quittez le ros', quittez le gris
Prenez le noir, pour mieux choisi !

 

8.
— Or, Dites-moi, mère, m'amie,
Qu'ai-je donc à pleurer ici ?
— Ma fill', je n' puis plus vous l'cacher,
Renaud est mort et enterré.

 

9.
— Terre, ouvre-toi; terre, fends-toi,
Que j'rejoigne Renaud, mon Roi ! »
Terre s'ouvrit, terre fendit,
Et la belle fut engloutie !


Source : Maurice Chevais - Chansons populaires du Val-de-Loire, page 200

Chanson recueillie dans les environs de Blois, par M. de la Saussaie en 1853.

 

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